1. On m'aime ou... on m'aime.
- Vous ne trouvez pas ca
bizarre, une fille qui boit un café,
toute seule ?
- Et vous avez vu ses yeux ? On dirait qu'elle vient de prendre une dose trop importante de shit.
- C'est clair qu'elle est droguée. Elle revient surement d'une fête où elle a passé toute la nuit à... vous voyez ce que je veux dire.
Une bande de mecs discutaient dans ce café assez sinistre de banlieue, en mattant une fille, seule, en train de boire.
- Elle a l'air plutôt pas mal en plus.... Hey, mec, tu parles pas ?!
Ils avisèrent un de leurs amis, le seul à rester silencieux.
- Ca m'interesse pas vos commérages...
- Ca t'interesseras plus si on te dit qu'elle ressemble à Adyna ?!
Le mec pas intéréssé leva les yeux... d'intêret. Vers cette fille. Il écarquilla les yeux, il n'en revenait pas. Elle ressemblait vraiment à Adyna Garnier, la petite parisienne, la seule petite amie qu'il avait eu. Lorsqu'il avait déménagé Rue des Glycines, ils avaient été forcés de se quitter, et ni l'un, ni l'autre n'avait tenté de reprendre contact avec l'autre. Cela faisait un an.
- Alors, Juan ? Elle lui ressemble ou pas ?
- Ouais ouais...
Depuis tout ce temps, Juan s'était efforcé de l'oublier. Maintenant que son sosie, une petite droguée qui faisait le trottoir la nuit, débarquait, il n'avait pas envie de revoir surgir sa tristesse. D'autant plus qu'il
savait Qu'Adyna ne l'aimait pas vraiment. Ou du moins, elle ne l'aimait pas
autant que lui l'aimait.
+
Adyna avait remarqué cette bande de mecs idiots en train de tailler sur elle sans discretion. Elle entendait tout ce qu'ils disaient. C'était tellement débile. Elle
déprimait. Ses parents avaient voulu déménager, elle avait du quitter Paris, elle se retrouvait dans cette ville pomée avec des gens qu'elle ne connaissait pas et qui avaient l'air de
beaufs. Ici pas de boutiques de luxe où faire ses emplettes, pas de studios photos pour gagner un peu d'argent [ comme si elle en avait besoin ! ] en faisait du mannequinat... Rien, à part deux-trois champs, des vaches qui broutaient l'herbe et le chant du coq pour être réveillée tous les matins.
Charmant.
Et elle ne pouvait pas boire un coup au café en déprimant, tranquille, toute seule, sans que des idiots balancent des trucs sur elle sans même la connaitre ?!
Mais ce qui l'étonna le plus, et ce qui la rendit curieuse d'écouter ces ragots, ce fut qu'elle entendit
son nom. Des Adyna, il n'y en a pas 36000. Des Adyna
qui lui ressemblent, encore moins. Cela signifiait que parmi ces mecs, elle en connaissait au moins un. Non, deux. Elle jeta un regard sur eux.
- Hey, mecs, elle nous regarde ! T'as vu Juan, alors elle lui ressemble ?
- Ta gueule !
Adyna dressa l'oreille. N'avait-elle pas entendu
Juan ?! Tout à coup, des souvenirs lui revinrent. Juan. Un de ses rares petits copains. Heu, un de ses rares petit copain de plus de quatre jours. Ca avait duré deux mois. C'est long, deux mois ! Etait-ce vraiment
lui ?! La jeune fille les regarda, et le vit. Il était deja beau à 16 ans, mais maintenant, il était carrément
canon. Maintenant qu'elle y repensait... Rue des Glycines... Voilà pourquoi ce nom lui disait quelque chose lorsque ses parents lui en avaient parlé !
Trop d'émotions d'un coup, ca fatigue. Faut réfléchir. Adyna se leva, alla payer sa consommation, et sortit du café d'un pas digne, svelte, souple.
Parfait. Entre la danseuse et la mannequin. Des tas de filles essayent sans relache d'imitier ce style, mais chez elle,
c'est naturel, c'est inimitable, c'est tout.
Juan la regarde sortir. C'était bien
elle.